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Le diabète de type 1 ne se résume pas à une injection d’insuline et à quelques contrôles de glycémie. C’est une maladie qui demande une adaptation permanente, parfois à chaque repas, pendant le sport, au travail ou même pendant la nuit.

En septembre 2026, deux organisations de référence, l’American Diabetes Association (ADA) et l’European Association for the Study of Diabetes (EASD), ont publié une mise à jour majeure de leurs recommandations pour la prise en charge du diabète de type 1 chez l’adulte.

Ce rapport international actualise les recommandations de 2021 à la lumière des avancées scientifiques et technologiques. Il aborde notamment les capteurs de glucose, les systèmes automatisés d’administration d’insuline, l’activité physique, la santé mentale et la prévention des complications.

Mais concrètement, qu’est-ce que cela signifie pour les personnes vivant avec un diabète de type 1 ? Et quelle place le mouvement occupe-t-il dans cette prise en charge ?

1. Une prise en charge qui va bien au-delà de la glycémie

Pendant longtemps, la prise en charge du diabète a souvent été présentée à travers un indicateur central : l’hémoglobine glyquée, ou HbA1c.

Cette mesure reste importante. Mais elle ne raconte pas toute l’histoire.

Deux personnes peuvent avoir une HbA1c similaire tout en présentant des profils glycémiques très différents : l’une peut passer beaucoup de temps dans la cible, tandis que l’autre connaît des alternances importantes entre hyperglycémies et hypoglycémies.

Les nouvelles recommandations insistent donc sur une approche plus complète et personnalisée, qui tient compte notamment :

  • des niveaux de glucose et de leur évolution au fil de la journée ;
  • du risque d’hypoglycémie et d’hyperglycémie ;
  • des traitements et des technologies utilisés ;
  • des habitudes alimentaires et de l’activité physique ;
  • du risque cardiovasculaire et des complications à long terme ;
  • du bien-être psychologique et des difficultés rencontrées au quotidien.

L’objectif n’est pas simplement d’obtenir un bon chiffre sur une prise de sang. Il s’agit aussi de vivre au mieux avec le diabète, aujourd’hui et sur le long terme.

2. Les capteurs de glucose : une place devenue centrale

Les capteurs de glucose en continu ont profondément modifié la manière de gérer le diabète de type 1.

Au lieu de disposer uniquement de mesures ponctuelles, ils permettent de suivre l’évolution du glucose, de visualiser les tendances et, selon le dispositif, de recevoir des alertes lorsque les valeurs deviennent préoccupantes.

Le rapport de consensus confirme la place centrale de ces technologies dans le suivi du diabète de type 1 chez l’adulte.

Elles permettent notamment de mieux comprendre les variations glycémiques, d’identifier certaines situations à risque et de discuter plus concrètement des adaptations possibles avec l’équipe soignante.

Un indicateur particulièrement utile est le temps dans la cible, ou Time in Range (TIR) : il correspond au pourcentage du temps pendant lequel le glucose reste dans une plage définie.

Pour de nombreux adultes, la plage de référence habituelle est de 70 à 180 mg/dL, soit environ 3,9 à 10 mmol/L. Un objectif fréquemment utilisé est de passer plus de 70 % du temps dans cette plage, mais les cibles doivent être adaptées à chaque personne.

Les capteurs ne remplacent toutefois pas toutes les autres précautions. Il reste important de pouvoir mesurer la glycémie capillaire et les cétones lorsque la situation le nécessite, et de savoir comment réagir en cas de problème.

À retenir : les données sont utiles lorsqu’elles aident à prendre des décisions adaptées. Elles ne doivent pas devenir une source de stress supplémentaire ni une course permanente aux chiffres parfaits.

3. Les systèmes automatisés d’insuline progressent

Autre évolution importante : les systèmes automatisés d’administration d’insuline, parfois appelés systèmes de boucle fermée ou Automated Insulin Delivery (AID).

Ces dispositifs associent généralement un capteur de glucose, une pompe à insuline et un algorithme capable d’ajuster automatiquement l’administration d’insuline selon les données disponibles.

Ils peuvent faciliter la gestion quotidienne du diabète et contribuer à améliorer l’équilibre glycémique, notamment en limitant certaines périodes d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie.

Le rapport considère ces systèmes comme une option privilégiée pour l’administration d’insuline lorsqu’ils sont utilisés de manière adaptée et régulière.

Cela ne signifie pas pour autant que toutes les personnes doivent utiliser le même dispositif. Le choix dépend de nombreux facteurs : préférences, besoins, accessibilité, maîtrise de la technologie et accompagnement disponible.

Et surtout, l’automatisation ne fait pas disparaître toutes les décisions liées au diabète. Comprendre son fonctionnement, savoir gérer les situations inhabituelles et bénéficier d’une éducation thérapeutique restent essentiels.

4. L’activité physique : une alliée à part entière

C’est probablement l’un des messages qui me tient le plus à cœur en tant que kinésithérapeute.

Le rapport rappelle que l’activité physique régulière, y compris la pratique sportive, doit être encouragée chez la plupart des personnes vivant avec un diabète de type 1.

Ses bénéfices dépassent largement la glycémie : elle contribue à la santé cardiovasculaire, au bien-être métabolique et à la santé psychologique.

Mais pratiquer une activité physique avec un diabète de type 1 demande parfois quelques ajustements.

Pourquoi le glucose varie-t-il pendant le sport ?

L’effet de l’exercice sur la glycémie dépend notamment du type d’activité, de son intensité, de sa durée, du niveau d’entraînement et de la situation insulinique de départ.

  • Une activité d’endurance, comme la marche rapide, le vélo ou la course à pied, peut faire diminuer la glycémie pendant l’effort.
  • Un exercice intense, comme certaines séances de fractionné ou de renforcement, peut provoquer une augmentation temporaire de la glycémie chez certaines personnes.
  • Après l’effort, le risque d’hypoglycémie peut persister, parfois jusqu’à 24 heures après la séance.

Ces réactions ne sont pas identiques chez tout le monde. Elles peuvent même varier d’une séance à l’autre chez une même personne.

Comment pratiquer plus sereinement ?

L’enjeu est d’apprendre à adapter la gestion du diabète à l’activité pratiquée. Cela peut notamment passer par :

  • la surveillance du glucose et de sa tendance avant, pendant et après l’effort ;
  • l’adaptation de l’insuline et des apports en glucides selon les besoins individuels ;
  • l’anticipation des séances longues ou inhabituelles ;
  • la connaissance des signes d’hypoglycémie et des mesures à prendre ;
  • un apprentissage progressif, avec l’accompagnement de professionnels formés au diabète et à l’exercice.

Les capteurs et les systèmes automatisés peuvent apporter une aide précieuse, mais ils ne suppriment pas tous les risques. Les stratégies doivent être individualisées, idéalement avec l’équipe spécialisée qui suit la personne.

Le message essentiel : le diabète de type 1 demande des adaptations, mais il ne doit pas devenir automatiquement un frein à l’activité physique. Avec des connaissances adaptées et un accompagnement approprié, il est possible de construire une pratique sportive compatible avec ses objectifs et sa situation.

5. La santé mentale compte aussi

Vivre avec un diabète de type 1, c’est prendre des décisions tout au long de la journée : surveiller le glucose, anticiper les repas, gérer les imprévus et réfléchir aux conséquences de ses choix.

Cette charge peut être fatigante, même lorsque le diabète est relativement bien équilibré.

Le rapport insiste sur l’importance de prendre en compte le bien-être psychologique et social, et pas uniquement les indicateurs biologiques.

Les professionnels de santé sont encouragés à s’intéresser notamment à la détresse liée au diabète, à la peur des hypoglycémies, aux symptômes dépressifs et aux difficultés sociales susceptibles de compliquer la prise en charge.

Cette dimension ne devrait pas être abordée uniquement lorsque la personne exprime spontanément une souffrance. Un suivi régulier du bien-être peut permettre de repérer plus tôt certaines difficultés et de proposer une aide adaptée.

Pourquoi est-ce important ? Parce que l’épuisement, l’anxiété ou la peur d’une hypoglycémie peuvent aussi influencer la manière dont une personne mange, bouge, dort ou gère son traitement.

Prendre soin de la personne, c’est aussi prendre soin de sa capacité à vivre avec la maladie.

6. Prévenir les complications et ne pas oublier le risque cardiovasculaire

La prise en charge du diabète ne consiste pas seulement à surveiller le glucose au quotidien. Elle doit également contribuer à réduire les risques pour la santé à long terme.

Le rapport actualisé accorde une attention particulière au dépistage des complications chroniques, à la gestion du poids et aux facteurs de risque cardiovasculaire.

Cela implique une vision globale de la santé : pression artérielle, lipides sanguins, fonction rénale, santé des yeux et autres complications potentielles doivent être pris en compte selon les recommandations et la situation individuelle.

L’activité physique peut participer à cette stratégie de prévention, en complément du traitement, de l’alimentation, du suivi médical et des autres habitudes de vie.

L’objectif n’est pas de faire peser toute la responsabilité sur la personne vivant avec un diabète. Il s’agit plutôt de lui donner les moyens, avec les professionnels qui l’accompagnent, d’agir sur les facteurs qui peuvent être améliorés.

7. Et quel rôle pour le kinésithérapeute ?

Le kinésithérapeute ne remplace ni le diabétologue ni l’équipe spécialisée dans le traitement du diabète. En revanche, il peut jouer un rôle important pour aider les personnes à intégrer le mouvement dans leur quotidien.

Son accompagnement peut notamment contribuer à :

  • reprendre une activité physique après une période d’inactivité ;
  • développer progressivement l’endurance et la force musculaire ;
  • adapter les exercices aux capacités, aux objectifs et aux éventuelles complications ;
  • favoriser une pratique régulière et durable ;
  • aider la personne à gagner en confiance dans ses mouvements et ses activités ;
  • collaborer avec les autres professionnels de santé lorsque la situation le nécessite.

L’accompagnement doit tenir compte de la réalité de chacun : expérience sportive, contraintes professionnelles, fatigue, appréhension des hypoglycémies ou objectifs personnels.

Il ne s’agit pas de prescrire la même séance à tout le monde, mais de construire une approche cohérente avec les besoins et les possibilités de la personne.

C’est dans cette logique que s’inscrit Dia’Mouv’, avec l’ambition de rapprocher l’activité physique, la kinésithérapie et l’accompagnement des personnes vivant avec un diabète.

💡 Le message à retenir

Ce rapport international confirme une évolution importante : la prise en charge du diabète de type 1 doit être personnalisée, globale et centrée sur la personne.

Les technologies progressent, les traitements évoluent et les outils de suivi deviennent plus performants. Mais l’éducation thérapeutique, l’accompagnement humain, le bien-être psychologique et l’activité physique restent des éléments essentiels.

Et si l’on devait résumer tout cela en une phrase ?

Mieux vivre avec un diabète, ce n’est pas seulement mieux contrôler sa glycémie : c’est aussi pouvoir bouger, progresser, se sentir accompagné et continuer à faire ce qui compte pour soi. 💙💪

Chez Kiné Sport Braine, je suis convaincu que le mouvement peut faire partie de cette démarche, à condition d’être adapté à chaque personne et intégré dans une prise en charge cohérente.

Parce que le diabète impose parfois des contraintes, mais il ne devrait pas définir à lui seul ce que l’on peut entreprendre.

Lisez ici le rapport scientifique complet